Triptyque de Jean le Baptiste et de Jean l'Évangéliste
Musée Memling, Hôpital Saint-Jean, Bruges

une œuvre majeure d'Hans Memling
le triptyque de l'hôpital Saint-Jean de Bruges depuis le XVème siècle
Ce triptyque a été conçu et réalisé pour le maître-autel de la nouvelle abside de l'église de l'ancien hôpital Saint-Jean de Bruges construite en -, où il se trouve toujours.
Le cadre porte en latin l'inscription « ŒUVRE D'HANS MEMLING », première signature connue du peintre, et une date: « ».
Il comporte un panneau central, qu'encadrent deux volets à droite et à gauche fixés par des charnières.
Les personnages représentés sont un tout petit peu moins grands que grandeur nature.
L'œuvre est de premier abord, de part sa taille, très impressionnante.
à propos de cet article
objectifs de cet article
L'article que nous rédigeons se donne pour objectif de dépasser ce premier regard:
nous décrivons en détails les quantités de petites scènes que Memling a disposés dans le paysage au moyen de reproductions de qualité,
les relions aux sources, quelles soient textuelles ou picturales, dont il est raisonnable de penser qu'elles ont directement inspiré Memling,
reconstituons un récit qui rende compte de sa cohérence autant que de son unité,
mettons à disposition les textes dont nous faisons état afin de permettre de juger de nos choix.
Par là, nous devrions permettre au lecteur de se rendre plus familier de la société de Bruges à la fin du XVème siècle, notamment: du merveilleux chrétien de l'ouvrage de Jacques de Voragine, La Légende Dorée,de la sensibilité de ce courant de réforme religieuse, la dévotion moderne,de l'opulence économique, de la magnificience sociale urbaines du Duché de Bourgogne.Notre but aura été atteint si le lecteur se trouve en position de mesurer et ainsi d'approfondir lui-même sa perception d'une œuvre dont nous pensons qu'elle mérite de retenir l'attention tant est grand l'éclat de sa présence.
plan de cet article
Dans les pages qui suivent, nous présentons les différents aspects cette œuvre:
d'abord par une présentation photographique de l'œuvre dans son espace d'exposition, la nouvelle abside de l'église de l'hôpital,
puis par une description détaillée de ce qu'elle représente,
enfin par la mise en relation des différents éléments de l'image avec les différents textes sur lesquels il est raisonnable de penser que le peintre lui-même s'est fondé afin de concevoir sa représentation des sujets religieux.
présentation photographique de l'œuvre dans son espace d'exposition



- Description de l'œuvre
- Catherine d'Alexandrie
- Une conversation sacrée
- Organisation du récit pictural
- Scènes des légendes de Jean le Baptiste et Jean l'Évangéliste
- Légendes — suite
- Légendes — suite
- Légendes — suite
- Légende de Jean l'Évangéliste
- Légendes — suite
- Légendes — suite
- Légendes — suite
- Légendes — suite
- Présentation des donateurs: le triptyque fermé
Description de l'œuvre
description de l'œuvre

Nous décrivons d'abord ce que l'œuvre représente et pour cela suivons le chemin du regard, commençant par la scène principale, au centre du panneau central.
le couronnement de la vierge
Au centre, la Vierge trône sur un siège d'or devant un tissu broché sous un baldaquin de velours rouge.

Elle est couronnée Reine du ciel par deux petits anges bleus foncés qui voltigent au-dessus d'elle.

Sur ses genoux, l'enfant Jésus, assis, tient une pomme de sa main gauche, et passe de sa main droite un anneau d'or au doigt d'une femme, en bas à gauche de la vierge, sur le devant.

Catherine d'Alexandrie
catherine d'alexandrie
C'est Catherine d'Alexandrie, que l'on reconnaît à l'épée et la roue brisée, les instruments de son martyre que l'on voit à ses pieds.

Catherine d'Alexandrie est, depuis la fin du XIIIème siècle, une sainte très populaire dont la légende, rapportée par Jacques De Voragine dans le chapître 168 de La Légende Dorée est passionnante.
Lire le texte de La Légende de Catherine d'Alexandrie selon le chapître 168 de La Légende Dorée.
Il est tout à fait probable que Memling se soit fondé sur ce texte.
Les historiens modernes estiment que Catherine d'Alexandrie n'a pas réellement existé. L'église catholique elle-même le reconnaît: son culte a été retiré du calendrier général en .
Selon sa légende, Catherine est une patricienne connue pour son exceptionnelle éducation, sa très grande beauté.
Elle aurait vécu à Alexandrie au IIIème ou au IVème siècle.
Elle apprend que l'empereur romain de l'époque Maxence qui contraint alors sous la menace les chrétiens à l'abjuration publique, se trouve dans sa ville, aussi elle va le trouver afin de défier publiquement de sa politique.
Maxence surpris fait face à cette femme extraordinaire, qui le vexe, l'humilie par sa culture, son éloquence, autant que la justesse de ses propos: il peine à maintenir sa dignité
Vaincu au terme d'un long combat spirituel plein de rebondissements, lui propose de l'épouser.
Catherine, au nom de sa foi, refuse, préférant subir le martyre.
Au moment de son exécution, la voix de Jésus lui-même se serait alors fait entendre du ciel pour lui dire:
Du fait de cette présence de sainte Catherine aux côtés de la Vierge et de l'enfant Jésus au centre du panneau central intérieur, le triptyque a quelques fois été appelé le mariage mystique de sainte Catherine.
les deux jean
Mais, plus que Catherine d'Alexandrie, deux hommes sont les personnages principaux de l'œuvre:
de nombreux détails racontent leurs deux légendes sur toute l'étendue intérieure du triptyque: panneau central, volets droit et gauche,
tous deux sont appelés Jean, ce qui, en creux, matérialise dans les scènes représentées l'institution commanditaire, l'Hôpital Saint-Jean de Bruges et justifie l'appellation officielle actuelle: Triptyque de Jean le Baptiste et de Jean l'Évangéliste.
ils se tiennent debouts, comme deux jumeaux, à gauche et à droite, de part et d'autre de la vierge, en encadrement, sur le derrière.
jean le baptiste
Sur le derrière, à gauche, la présence d'un agneau blanc nous permet d'identifier l'homme portant la magnifique tunique violette comme Jean le Baptiste.
L'agneau rappelle la parole que celui-ci adressa à ses disciples pour annoncer la venue de Jésus dans le monde (Jean, chapître 1 verset 29):
Jean le Baptiste désigne aussi de son bras droit l'enfant Jésus.

L'agneau est aussi un symbole nouveau propre à la foi chrétienne.
Au contraire de l'ancienne foi hébraïque où, pour plaire à dieu, il faut lui sacrifier des animaux, le christianisme naissant affirme que le seul véritable sacrifice qui plaît à dieu est celui que le croyant lui fait de lui-même, à l'imitation de Jésus, en référence à cette parole du prophète Isaïe(Isaïe, chapître 53 verset 7):
Sous sa tunique violette, se trouve une autre tunique, brune claire, que le texte de l'Évangile de Marc se rapportant à Jean nous précise être de poil de chameau(Marc chapître 1 verset 6), à l'imitation du vêtement de poil que porte le prophète Élie(2 Rois chapître 1 verset 8).
Ce même vêtement de poil fait aussi référence à un autre épisode de le Livre de la Génèse(Gn 27:1-40) durant lequel Jacob, sur l'indication de sa mère Rebecca, se fait passer pour son frère Ésaü qui est très poilu, auprès de son père aveugle, Isaac, en revêtant un vêtement de poil.
Sa ruse lui permet d'être indûment béni et de devenir ainsi l'unique hértier à la place d'Ésaü.
Cette tunique est aussi un signe de domination de l'animalité: dans le cas de Jean le Baptiste, le chameau étant un animal qui permet de traverser le désert, de domination l'animalité par l'ascèse.
jean l'évangéliste
De l'autre côté, à droite, un autre homme debout, habillé comme un prêtre, de rouge, fait de sa main droite le signe de croix sur une coupe, dans laquelle il y a un serpent: c'est Jean l'Évangéliste.

Nous reconnaissons Jean l'Évangéliste à un épisode du chapître 9 de La Légende Dorée.
Lire le texte de La Légende de Jean l'Évangéliste selon le chapître 9 de La Légende Dorée.
Jean l'Évangéliste y affronte Aristodème, prêtre du temple de Diane en Asie (sans doute Éphèse), qui le défie publiquement de boire une coupe empoisonnée.
Celui-ci fait, comme Memling le représente, le signe de croix, boit la coupe mais le poison ne lui fait aucun mal.
Le serpent évoque aussi une parole que Jésus adresse à Nicodème(Jean 3,14):
le nom « jean », son étymologie
L'étymologie du prénom « Jean » vient de l'hébreu « Yokhanan », dont la prononciation est:
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qui signifie littéralement « dieu » est « grâce » ou « miséricorde ».
Comme « dieu » veut dire aussi en hébreu « ce qui est », « Jean » signifie également « celui en qui est » la « grâce » ou la « miséricorde ».
Si ce prénom a été porté par plusieurs personnages mineurs de l'histoire du peuple hébreu, il n'est devenu très populaire qu'après l'apparition du christianisme, dans le monde chrétien, à la suite du rôle très important que chacun d'eux accomplit, rôles que nous détaillons bientôt en suivant le récit de la narration picturale de chacune de leur légende à travers les différentes scènes du triptyque.
barbe la grande martyre
De l'autre côté de la vierge, sur le devant, à droite, une autre femme, vétue d'une magnifique tunique de laine verte telle que seule Bruges en produisait au XVème siècle, lit.
Sa présence répond à celle de Catherine d'Alexandrie sur le devant de l'autre côté.
Derrière elle, une tour tabernacle en pierre blanche nous indique qu'il s'agit de Barbe la grande martyre.

Comme pour Catherine d'Alexandrie, les historiens modernes doutent de la réalité de son existence et son nom a également été retiré du calendrier général; le texte sur lequel Memling s'est fondé pour la représenter ne fait pas non plus partie de La Légende Dorée mais, comme d'autres textes, y a été ajouté ensuite.
Lire le texte de La Légende de Barbe la grande martyre ajouté à La Légende Dorée.
Selon sa légende, Barbe habite Nicomédie, capitale de l'ancienne province de Bithynie et qui se trouve située dans le nord de la Turquie actuelle et donne sur la Mer Noire.
Barbe a le défaut d'être belle .., tellement belle, que très jeune, son père, pour la soustraire au regard du monde, l'enferme dans une tour!
Le texte nous apprend que Barbe sent alors le néant des choses terrestres et commence à se préoccuper des choses célestes
.
Bien que cela soit interdit à son époque, elle se détourne peu à peu des dieux romains jusqu'à écrire secrètement au plus célèbre chrétien d'Alexandrie en Égypte, Origène.
Celui-ci lui répond, la fortifie dans sa foi naissante, la visite afin de lui donner clandestinemnt le baptème.
Publiquement dénoncée ensuite pour avoir refusé de sacrifier aux dieux, elle subit le martyre, pendant lequel, comme Catherine d'Alexandrie, la voix de Jésus fait entendre du ciel:
Son propre père lui tranche la tête!
À travers les entrelacs de la tour placée derrière elle, une hostie apparaît dans un cylindre de verre monté sur un croissant de lune doré.

L'hostie est un des attribut de la sainte; c'est aussi un lien avec le reste du panneau qui en fait apparaître d'autres aspects sous forme d'une conversation sacrée
.
Une conversation sacrée
une conversation sacrée autour de la Vierge Marie et l'enfant Jésus
Au couronnement de Marie, la présence deux à deux de Catherine et Barbe, de Jean le Baptiste et Jean l'Évangéliste ajoute une conversation sacrée
, c'est-à-dire une réunion de saints autour de la vierge.

Cet esprit de communion se trouve renforcé par la présence:
à gauche de la vierge d'un servant d'autel qui joue d'un petit orgue assis,
à droite d'un autre agenouillé qui lui présente un livre.

La conversation sacrée, expression remarquable de la dévotion moderne
symétrie, simplicité, distinction de la disposition des protagonistes
À la symétrie et à la simplicité des positions les unes par rapport aux autres dans la largeur s'accorde à la forme du tryptique.
La hauteur et la profondeur s'organisent autour de la distinction hommes femmes:
sur le devant en bas, deux femmes,
sur le derrière en haut, deux hommes.
L'insondabilité et le mystère en profondeur et hauteur répond à la symétrie et la simplicité des positions en largeur.
ressemblances des physionomies, variétés des âges représentés
Les personnages représentés semblent de la même famille et sont de tous âges:
nouveau né,
petit enfant,
enfant,
adolescent,
jeune homme,
femme,
mère,
homme,
homme et femme âgés.
La ressemblance des physionomies et la variété des âges unifie l'ensemble.

la dévotion moderne, mouvement de réforme de la foi chrétienne de la société flamande du XVème siècle
Nous pensons que cet équilibre est une caractéristique remarquable de la société flamande du XVème siècle dans laquelle a vécu Memling.
Le très important mouvement de réforme de la foi chrétienne de cette époque, que les historiens appellent dévotion moderne
, éclaire cette transparence simple familière de l'espace représenté.
la dévotion moderne, conversion essentielle universelle, simple, pure, transparente
En Flandres, à l'époque de Memling, un livre de piété chrétienne, L'Imitation de Jésus-Christ, qui est un énorme succès d'édition, nous permet aujourd'hui de nous représenter ce qu'a pu être dévotion moderne.
Dans la scène représentée par Memling, la conversation sacrée fonctionne selon les termes du texte cité plus haut comme livre rempli de saintes instructions
simples, pures, en accord avec le dispositif architural.
le dispositif architectural représenté dans le panneau central
La disposition des lieux représentés, l'abside d'une église, permet au dispositif architectural de fonctionner aussi par rapport aux spectateurs du triptyque.
Nous qui regardons le tableau nous trouvons de fait dans l'espace du tableau, partie de la conversation sacrée, en présence des protagonistes de la scène représentée, dans ce rapport d'altérité simple, transparente, familière.
De ce point de vue, l'œuvre de Memling fonctionne comme miroir de vie:
d'un côté les spectateurs du triptyque, que ce soient malades de l'Hôpital Saint-Jean à l'époque de Memling ou nous aujourd'hui « conversent » avec les figures représentées,
de l'autre celles-ci « s'actualisent » ici et maintenant, comme Brugeoises et Brugeois de ou visiteurs du Musée Memling du XIXème siècle.
Enfin, la disposition exemplaire d'une représentation où les personnages sont parés des plus belles réalisations vestimentaires de la Bruges du XVème siècle, cristallise le sentiment de merveilleux.
simplicité, évidence, idéalité spirituelles produisent aussi de manière continuesophistication et opulence matérielles.
Dirk DE VOS évoque:
De fait, à Bruges au XVème siècle, simplicité et l'évidence ne connaissant pas de limites, mènent merveilleusement au divin.
Memling se laisse guider de manière incontestable par cette œuvre de Jan VAN EYCK peinte en qu'il connaît et va admirer dans la cathédrale Saint-Donatien: la Vierge au chanoine Van der Paele.

Comme dans de nombreuses autres de ses œuvres, Memling enlève à l'abside murs, fenêtres et rend continu le regard vers l'extérieur.

Six colonnes marbrées de rouge et de brun sont disposées en demi-cercle sur un carrelage et doublées à l'extérieur par un deuxième demi-cercle de pilastres fasciculés gris foncé. Leurs bases sont reliées par la ligne du bord du dallage qui fait figurer au sol un polygone.
Les minces ouvertures verticales entre les colonnes donnent sur un paysage visuellement continu avec des ruines et des bâtiments, ouvert sur le lointain, horizon et infini.
Organisation du récit pictural
organisation du récit pictural des légendes de Jean le Baptiste, Jean l'Évangéliste, de l'Hôpital Saint-Jean
Le récit s'organise autour de quantité de petites scènes
contant les deux légendes, de Jean le Baptiste,et Jean l'Évangéliste,
et représentant la place de la Grue de Bruges liée au commanditaire, l'Hôpital Saint-Jean.
Les deux légendes débute spatialement avec les scènes sculptées situés au-dessus de chaque saint au niveau des chapiteaux de colonnes.

Cette manière d'ordonner la composition qui se retrouve dans de nombreuses autres œuvres de Memling reprend les techniques de mise en page de l'enluminure: les différentes scènes sont étagées jusqu'à un horizon placé très haut.
De petites scènes prennent place dans le lointain à l'intérieur des différents cadrages opérés par les colonnes.

Le récit des deux légendes se poursuit ensuite sur chacun des deux volets intérieurs.

Sur chaque volet, un épisode forme une scène principale au premier plan, complétée dans le récit par de petites scènes dans le lointain.
à gauche, Jean le Baptiste vient d'être décapité sur ordre d'Hérode,
à droite, Jean l'Évangéliste reçoit « dévoilement » du texte de l'Apocalypse à Patmos.
La vue de la place de la Grue et de l'église Saint-Jean, à l'arrière-plan à droite de la draperie d'honneur derrière la vierge, derrière Jean l'Évangéliste se rapporte directement aux religieux dirigeant l'hôpital commanditaires de l'œuvre et à l'histoire de l'institution commanditaire.

Deux frères de l'hôpital sont ainsi représentés en train de mesurer le vin de bordeaux importé arrivant à Bruges.
Cela nous rappelle que l'hôpital s'était vu confié vers par la ville une charge communale, le droit de jauger dont il tenait ses revenus.
Scènes des légendes de Jean le Baptiste et Jean l'Évangéliste
scènes des légendes de Jean le Baptiste et Jean l'Évangéliste selon La Légende Dorée
Nous suivons ici chacun des deux récits sur lesquels Memling s'est sans doute fondé, suivant ce que rapporte Jacques de Voragine dans La Légende Dorée.
Comme, dans les scène qu'a peinte Memling, ces textes sont fidèlement représentés, nous invitons les personnes qui qui souhaiteraient ressentir plus profondément la relation du triptyque aux différents texte à les lire directement:
Lire le texte de La Légende de Jean l'Évangéliste selon le chapître 9 de La Légende Dorée,
Lire le texte de La Légende de Jean l'Évangéliste devant la Porte Latine selon le chapître 65 de La Légende Dorée.
scènes de La légende de Jean le Baptiste selon La Légende Dorée
Nous commençons par Jean le Baptiste qui, au niveau de la chronologie, précède Jean l'Évangéliste.
En haut et à gauche de l'arrière-plan du panneau central et sur le volet intérieur gauche apparaissent des scènes de sa vie et de son martyre.

Sur le plan historique, Jean est décrit comme un prédicateur juif en Galilée de cette époque de Jésus de Nazareth selon le témoignage de Flavius Josèphe, historien romain de confession juive du 1er siècle (Antiquités judaïques, livre XVIII, chap.5, 118).
La Galilée de l'époque est une province de l'empire romain qui connaît de nombreuses révoltes.
Sa population, majoritairement juive, est très croyante; les écrits bibliques annoncent la venue d'un envoyé de dieu dont l'action permettra au peuple juif de recouvrer son indépendance et son organisation religieuse, notamment de reconstruire le temple de Salomon à Jérusalem.
Sur le plan de la foi chrétienne, Jean est, selon l'évangile de Luc(chapître 1, versets 5 à 25), le fils deZaccharie, un vieux prêtre juif de la campagne galiléenne.
Dieu annonce à Zacharie par l'archange Gabriel la naissance de Jean, alors que Zaccharie a été choisi par hasard pour se rendre à Jérusalem et qu'il prie dans le temple.
C'est ce que Memling le représente sur le chapiteau de gauche.

Le texte indique que Zaccharie en perd la parole.
Sa naissance est représentée sur le chapiteau placé à droite.

Le nom de ce fils, Jean, est lui aussi un des enjeux du récit (Luc chapître 1, versets 59 à 63):
Du point de vue de la foi, Jean le Baptiste vient donc au monde selon de la volonté de dieu.
Légendes — suite
Il mène ensuite une vie exemplaire d'ascète “dans le désert” (Luc chapître 1, verset 80): Memling transpose cette scène dans une forêt.

On le voit également “proclamer un baptême de conversion pour le pardon des péchés” (Luc chapître 3, verset 3).

Jean innove dans le judaïsme de son époque:
il préconise le pardon des péchés non plus par le sacrifice d'animaux au temple par crémation, mais par “baptême”, c'est-à-dire, selon l'étymologie de ce mot, “immersion” dans l'eau.
Selon les écrits bibliques, il annonce la venue de l'envoyé de dieu en la personne de Jésus de Nazareth, un de ses contemporains.
Il la reconnaît par le baptème, littéralement donc l'immersion, qu'il fait de Jésus dans les eaux du Jourdain: cette scène apparaît en haut du volet intérieur gauche.

Sur l'autre rive, Jean le Baptiste présente Jésus des mots “Voici l'agneau de dieu” à ses deux premiers disciples André et Jean l'Apôtre; ceux-ci se joignent à lui.
À partir de là, son histoire est tragique.
En effet, Hérode Antipas, le tétrarque, c'est-à-dire gouverneur militaire romain, de Galilée et de Pérée, se marie à “la femme de son frère Philippe”, Hérodiade(Marc chap.6,17);
comme la foi judaïque regarde tout mariage avec la femme de son frère comme une souillure
et l'interdit(Lévitique chapître 18, verset 16; chapître 20, verset 21), Jean, en tant que figure du mouvement religieux indépendantiste judaïque, prend position: il condamne Hérode publiquement.
Hérode craint que cela ne suscite “une révolte, la foule semblant prête à suivre en tout les conseils de cet homme”.
il aime donc mieux s'emparer de lui avant que quelque trouble se produise à cause de lui, que d'avoir à se repentir plus tard si un mouvement avait lieu(Antiquités judaïques, livre XVIII, chapître 5, paragraphe 118).
En cas de troubles causés par les partisans de Jean, Hérode devait répondre de la situation aux autorités romaines, qui pouvait le destituer:
il donne donc “l’ordre d’arrêter Jean”(Marc chapître 6, verset 17).

Sur le panneau central au-dessus de l'agneau blanc, Jean est emmené de force en direction de la prison sur le volet de gauche de l'actuelle ville de Machéronte, dont l'éthymologie en grec ancien signifie épée et qui se situe dans l'actuelle Jordanie.
Légendes — suite
L'action se poursuit sur le volet intérieur gauche.

Pour réussir à faire mourir Jean sans provoquer de mouvement de troubles de ses partisans, Hérode imagine une mise en scène.
“Le jour de son anniversaire”, il organise “un dîner pour ses dignitaires”, chefs de l’armée et notables de la Galilée.
La fille d’Hérodiade, Salomé fait “son entrée” et danse.
La “Danse de Salomé” prend place dans une salle de la tour du palais d'Hérode en haut à gauche du volet gauche, dont Memling a éventré le mur afin de montrer la scène.
Au-dessus, des statues installées dans des niches représentent un homme nu entre deux femmes nues, figures païennes: elles qualifient la nature adultère du lieu et du comportement d’Hérode.

La mise en scène se poursuit
Hérode fait mine que sa danse lui a plu. Pour se dégager de la responsabilité de la mort de Jean, dit (Marc, chapître 6, versets 22 à 24):
(Marc, chapître 6, versets 24 à 29)
Ainsi, Hérode peut apparaître mettre à mort Jean contre son gré.
La preuve que tout ce récit est bien une mise en scène destinée à permettre de mettre à mort Jean sans provoquer une révolte des partisans de Jean, c'est, comme l'explique Jacques de Voragine, que si Salomé demande à Hérode “la mort de son père Philippe ou de sa mère Hérodiade”, Hérode ne peut y consentir (La Légende dorée, chapître 121, I. note 9).
La mise en scène a bien pour seul but de ne pas faire porter la responsabilité de la mise à mort de Jean à Hérode en le présentant faussement aux yeux de l'histoire comme accédant à cette demande contre sa volonté.
L'histoire s'accomplit donc, tragique.
Un garde va décapiter Jean dans la prison
(Marc, chapître 6, versets 28).

Légendes — suite
Memling a agrandit la scène au premier plan du volet gauche: nous nous trouvons dans la cour intérieure du palais d'Hérode.
Le lieu d'exécution de la forteresse est relié au palais par un escalier dans le fond.
Le bourreau est représenté de dos déposant la tête dans le plat que lui présente une Salomé à peine émue.

À la gauche du bourreau représenté de dos, sont les deux disciples André et Jean l'Apôtre.
Les historiens de l'art ont identifié dans les positions du bourreau et de Salomé une reprise par Memling d'une scène de son maître, Rogier VAN DER WEYDEN, alors qu'il était son assistant à Bruxelles.
Il s'agit du Tryptique de saint Jean peint vers - qui se trouve aujourd'hui à la Galerie de peintures des Musées d'état de Berlin(inv. n°534B), ci-dessous.

Le récit de Marc se poursuit: Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau
(Marc,chapître 6, verset 29).
D'après la tradition, celui-ci aurait été emmené loin des territoires contrôlés par Hérode Antipas, en Cisjordanie à Sébastée, l'actuel village de Sebastia et enterré auprès des prophètes Élisée et Abdias.
Sur la gauche du panneau central, à droite, derrière Jean le Baptite, Memling a fait apparaître cette dernière scène de sa légende.
Comme ses miracles ne cessaient de se produire sur le lieu de sépulture de Jean, pour combattre la foi chrétienne naissante, l'empereur romain Julien l'Apostat ordonne de déterrer le corps, de le brûler et disperser ses cendres à travers champs.

Mais les choses ne se passent pas comme prévu.
Selon la légende, la tête aurait été ensevelie séparément par un potier de la ville d'Émesse, l'actuelle Homs en Syrie, puis serait apparue à saint Marcel qui la découvre en suivant une étoile (La Légende dorée chapître 121, III.).
Sa tête apparaît donc plus bas dans l'ouverture du mur, derrière une pierre.

Ainsi se termine le récit de la légende de Jean le Baptiste selon La Légende Dorée.
Légende de Jean l'Évangéliste
scènes de la légende de Jean l’Évangéliste selon La Légende Dorée et L'Apocalypse
Sur le panneau central en haut et à droite de l'arrière plan apparaissent des scènes de la légende de Jean l'Évangéliste.

À la différence de Jean le Baptiste, sur le plan historique, il n'existe aucun document historique autre que ceux issus de la foi chrétienne.
Selon ces documents, pour les spécialistes modernes, Jean l'Évangéliste peut désigner trois personnages historiques distincts:
Jean “l'Apôtre” qui apparaît dans les évangiles de Marc, Luc, Mathieu et les Actes des Apôtres,
le disciple que Jésus aimait rédacteur de l'évangile dit “de Jean”,
Jean “de Patmos” rédacteur de l'Apocalypse.
Nous synthétisons les différences qui permettent de distinguer ces personnages ci-dessous.
Jean “l'Apôtre” est l'un des deux « fils de Zébédée »(Marc chapter 3 versets 16 à 19, Mathieu chapître 10 versets 2 à 5 et Luc chapître 6 versets 13 à 16).
Son frère est Jacques dit « le Majeur ».
Jésus les appellent les fils du tonnerre
(Marc chapître 3 verset 17).
Comme son frère et deux autres apôtres, Simon-Pierre et André, c'est un des pêcheurs du lac de Tibériade qui abandonne ses filets pour suivre Jésus.
À partir de là, il est témoin: de la transfiguration de Jésus(Marc chapître 9 verset 2, Mathieu chapître 17 verset 1 et Luc chapître 9 verset 28),de la guérison de la belle-mère de Simon-Pierre(Marc 1.29),de la guérison de la fille de Jaïre le chef de la synagogue (Marc 5.37 et Luc 8.51),est présent avec son frère au moment où Jésus est tené de renoncer dans le jardin des Oliviers(Marc chapître 13 verset 3), mais il s'endort (Marc chapître 14 verset 33).
Le disciple que Jésus aimait n'apparaît qu'à la fin de l'évangile dit “de Jean” (Jean chapître 21 verset 20; verset 24): “s’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait.” (…) “C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites.” Aucun élément du texte ne permet de le nommer “Jean” donc l'apellation “évangile de Jean” ne peut être juste: en toute rigueur, ce devrait être l' “évangile du disciple que Jésus aimait”.C'est un personnage tout à fait extraordinaire: c'est un disciple de Jésus parmi d'autres auquel tout lecteur peut s'identifier, il est aimé de Jésus lui-même et se trouve donc plus proche de lui que n'importe qui d'autre.Il n'hésite d'ailleurs pas, juste après l'extrait précédent, à donner son opinion (Jean chapître 21 verset 25):“Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait.”
Jésus lui-même, à l'occasion d'une question de Pierre, émet un souhait quant à son destin lors de la Cène (Jean chapître 21, versets 21 à 22):Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus:“Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il?”Jésus lui répond:“Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe?”.
C'est également lui qui couché sur le sein de Jésus
, lui demande qui va le trahir (Jean chapître 13 versets 23 à 26).
Lors de la crucifixion, Jésus lui confie sa propre mère, en disant (Jean chapître 19 versets 26 à 27): “Femme, voici ton fils.” Puis il dit au disciple: “Voici ta mère.”
Quand Marie-Madeleine découvre le tombeau vide, elle court le dire au disciple bien-aimé
et à Pierre; il est le premier à atteindre le tombeau (Jean chapître 20 versets 2 à 8).
C'est encore lui qui le premier reconnaît Jésus au lac de Tibériade après sa résurrection (Jean chapître 21 verset 7).
Jean de Patmos apparaît au début du texte de l'Apocalypse qui le présente comme (Apocalypse chapître 1 versets 1 à 9):“serviteur” à qui dieu a fait connaître(…) “par l'envoi de son ange” (…)“ce qui doit bientôt advenir”(…) “aux sept Églises qui sont en Asie Mineure”.
La représentation de Jean l'Évangéliste suit globalement le récit établit par Jacques de Voragine dans les chapîtres 9 et 65 de La Légende dorée.
lire: le texte du chapître 9 La Légende dorée de Jacques de Voragine.
lire: le texte du chapître 65 de La Légende dorée de Jacques de Voragine.
Le récit débute sur le panneau central (Légende Dorée, chapître 65):
« Jean préchait à Éphèse lorsqu'il est arrêté par le proconsul et invité à sacrifier aux dieux.
Comme il refuse, il est jeté en prison; on envoie alors à l'empereur Domitien une lettre le désignant comme magicien sacrilège, contempteur des dieux et adorateur du crucifié.
Sur ordre de Domitien, Jean est ensuite conduit à Rome où, après lui avoir coupé les cheveux par dérision, devant la porte de la ville qu'on appelle « latine », on le flagelle et on le jette dans un chaudron d'huile bouillante sous lequel brûlait un feu ardent ».

« Mais Jean ne ressentit aucune douleur et en sortit tout à fait indemne, non pas brûlé mais oint. À cette vue, Domitien fut stupéfié et craignit de le mettre à mort. Aussi, à cet endroit, les chrétiens ont-ils construit une église, et ce jour est-il fêté solennellement comme celui du martyre de Jean ».
La représentation de Memling fait apparaître à l'horizon à gauche, cette église, à droite, le Colisée de Rome et la Porte Latine.
« L'empereur, constatant qu'il ne renonçait pas à la prédication, l'exila dans l'île de Patmos », (le départ pour Patmos apparaît au milieu: quelques hommes montent dans un bateau) « où, dans la solitude, il écrivit L'Apocalypse » (chap. 9).
Le volet intérieur droit est entièrement consacré aux visions que Jean eut à Patmos.
La représentation de Memling est particulièrement remarquable car s'il existe de nombreuses représentations de L'Apocalypse comme une succession de tableaux, en revanche il n'en existe que très peu qui assument une unité de l'espace de la représentation.
Et pour cause: le récit de Jean de Patmos présente une complexité remarquable.
Et pourtant, Memling réussit le tour de force de rendre l'espace de représentation aussi crédible, complexe surnaturellement que le récit.

Memling représente l'apôtre, assis sur un rocher de forme circulaire, l'île de Patmos au milieu de la mer Égée.
Il tient dans sa main une plume et un canif, sur ses genoux on voit un cahier.
Jean est représenté alors qu'il n'a encore même commencé d'écrire, sur le vif, dans le moment même où il est saisi par l'“Apocalypse”, qui signifie en grec ancien “dévoilement”.
Ses visions apparaissent au-dessus de lui dans le ciel, sur l'eau et sur la terre toute proche sur tout le reste du volet.
Nous faisons le choix de suivre le récit note 10 que Jean l'Évangéliste lui-même fait du dévoilement dans le texte de L'Apocalypse.
Celui-ci débute sur le haut à gauche du volet
La représentation qu'en fait Memling se trouve ainsi placée directement en regard du texte.
lire: extrait du texte de L'Apocalypse relatif à la représentation de Jean à Patmos sur le volet intérieur gauche par Hans Memling..

il y a, tout autour du trône, un arc-en-ciel, avec des reflets d’émeraude(…)
quatre vivants(…)
un livre en forme de rouleau, écrit au-dedans et à l’extérieur, scellé de
sept sceaux(…)
les anciens, Apocalypse, du chapître 4 verset 2 à 8, chapître 5 verset 1, 6 à 7.
chapître 5
Légendes — suite
Le récit se poursuit entre l'arc-en-ciel et Jean.

celui qui le montait tenait un arc, une couronne lui fut donnée, et il sortit vainqueur, pour vaincre à nouveau, Apocalypse, chapître 6 verset 2

celui qui le montait il fut donné d’enlever la paix à la terre, pour que les gens s’entretuent, et une grande épée lui fut donnée, Apocalypse, chapître 6 versets 3 à 4.

celui qui le montait tenait à la main une balance, Apocalypse, chapître 6 versets 5 à 6

celui qui le montait se nomme la mort, et le séjour des morts l’accompagnait, Apocalypse, chapître 6 versets 7 à 8

toutes les montagnes et les îles furent déplacées, Apocalypse, chapître 6 versets 14 à 17
Légendes — suite

qui se tiennent devant dieu: il leur fut donné sept trompettes, Apocalypse, chapître 8 versets 1 à 2

il portait un encensoir d’or, Apocalypse, chapître 8 versets 3.

le tiers des bateaux fut détruit, Apocalypse, chapître 8 versets 6 à 9

du ciel tomba une grande étoile qui flambait comme une torche(…) « le tiers des eaux devint de l’absinthe: beaucoup de gens moururent à cause des eaux devenues amères », Apocalypse, chapître 8 versets 10 à 12

en plein ciel, Apocalypse, chapître 8 verset 13
Légendes — suite

un pouvoir leur fut donné, pareil au pouvoir des scorpions de la terre, Apocalypse, chapître 9

une nuée pour manteau, et sur la tête un arc-en-ciel; son visage était comme le soleil, et ses jambes comme des colonnes de feu. Il tenait à la main un petit livre ouvert. Il posa le pied droit sur la mer, et le gauche sur la terre, Apocalypse, chapître 10 versets 1 à 3

quand les sept tonnerres eurent parlé, Apocalypse, chapître 10 versets 3 à 6

Le dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance, Apocalypse, chapître 12 versets 1 à 4

Il fut jeté sur la terre, et ses anges furent jetés avec lui., Apocalypse, chapître 12 versets 5 à 9
Légendes — suite

pour qu’elle s’envole au désert, Apocalypse, chapître 12 versets 10 à 14
Du point de vue de la narration construite par Memling, les visions de l'Apocalypse s'arrêtent là.
La vie de Jean l'Évangéliste se poursuit, après Patmos, sur le panneau central, selon La Légende de Jean l'Évangéliste telle qu'elle est racontée dans le chapître 9 de La Légende Dorée.
Le récit de la légende de Jean l'Évangéliste se poursuit sur le panneau central intérieur, dans le lointain droit
Selon La Légende Dorée, Jean retourne ensuite à à Éphèse, où il ressuscite Drusiane ainsi que Memling le représente sur un chapiteau.

Tout à fait à l'arrière, il baptise le philosophe converti Craton dans le petit édifice à coupole.

Il boit la coupe empoisonnée sans subir le moindre mal.

Présentation des donateurs: le triptyque fermé

présentation des donateurs: le triptyque fermé
Les revers des volets s'ornent des portraits des donateurs agenouillés et accompagnés de leurs saints patrons debouts.
Ils sont représentés dans des niches peu profondes.
Tous ont été identifiés.
Sur volet gauche, depuis la gauche:
Debout, sainte Agnès, reconnaissable à l'agneau en bas sur le côté gauche,
Agenouillée devant, Agnès CASEMBROOD agenouillée.
à la droite du volet gauche:
Debout, sainte Claire porte l'encensoir,
protège sœur Claire VAN HULSEN, agenouillée devant.
Sur le volet droit, depuis la gauche:
Debout, saint Jacques de Compostelle vêtu en pélerin,
agenouillé devant, Jacob DE KEUNINC
à la droite du volet droit:
saint Antoine abbé, que l'on reconnaît grâce à sa crosse et au porcelet,
patron d'Antoine SEGHERS, maître de l'hôpital.
Le triptyque fut probablement commandé avant , puisque c'est au cours de cette année-là que mourut Antoine SEGHERS.
Il fut placé au-dessus du maître-autel en .